Certaines histoires nous parviennent non comme de l’histoire mais comme du théâtre. Tianxia Diyi Lou en est le cas le plus connu à Pékin : une pièce qui a pris l’univers d’une vieille rôtisserie de canard pour le mettre sur une scène.
Comment elle fut écrite
En 1983, la dramaturge He Jiping rencontra lors d’une réunion le metteur en scène Sun Zhong. Passionné par le canard de Pékin, il voulait une pièce sur le sujet, et les deux s’entendirent aussitôt. Pour l’écrire, elle entra dans les cuisines de Quanjude, interrogeant et observant les maîtres du four suspendu, et passa trois ans à la réviser. Quand elle fut prête, les acteurs du Théâtre de l’art du peuple vinrent chez Quanjude apprendre des cuisiniers les détails mentionnés dans le texte.
La pièce, et l’écran
La pièce fut créée en 1988 et remporta aussitôt le succès. Elle suit une rôtisserie, Fujude, fondée sous l’empereur Tongzhi et transmise jusqu’aux débuts de la République, de la quasi-faillite à un renouveau qui lui fait un nom dans la capitale, puis à une nouvelle menace d’effondrement. Ses héros — le gérant Lu Mengshi, la jeune Yuchu, le cuisinier Luo Datou, le serveur Chang Gui — sont loués pour leur intelligence, leur ardeur et leur travail. Une adaptation télévisée de 32 épisodes suivit en 2004.
Ce qui est histoire, et ce qui est inventé
Le lien avec Quanjude est réel : son histoire a servi de modèle, et ses cuisines ont été le lieu où l’autrice a appris le métier. Mais Fujude n’est pas Quanjude. La maison, ses personnages et son intrigue sont inventés, et les hauts et les bas de l’histoire sont ceux de la dramaturge. On décrit la version télévisée comme porteuse de la devise de Quanjude — complet sans défaut, rassemblé sans dispersion, la vertu avant tout — et c’est une déclaration d’esprit, non un récit d’événements. L’histoire documentée est dans l’histoire de Quanjude.
Sources: 全聚德集团官网 — 历史故事